Critique Film

UNE BELLE FIN : D’une grande finesse, d’une belle sobriété ★★★★☆

Il aura fallu à peine plus d’un an à Philippe Lacheau et sa fine équipe pour nous offrir la suite des aventures. Cette fois, try direction le Brésil et son exotisme pour une comédie d’aventure pleine de rires et de bonne humeur malgré quelques gags plus convenus et plus lourds que ceux du premier film.

A l’occasion de la sortie DVD, search notre Cinéphile Reporter a eu la chance de rencontrer le réalisateur et acteur principal Philippe Lacheau ainsi que ses deux camarades du premier film, illness Julien Arruti et Charlotte Gabris, sans oublier la nouvelle recrue, la toujours fraiche et pétillante Elodie Fontan.

Eh bien, Philippe… On peut dire que vous n’avez pas chômé, toi et ton équipe… Babysitting est sorti en Avril 2014 et voilà déjà sa suite ?

PL : En fait, ce sont nos producteurs qui ont eu du nez. Quand on a fini le tournage du premier, ils ont senti qu’un succès était possible alors ils nous ont lancé sur l’écriture d’une suite au cas où le premier marcherait. Et c’est ce qui s’est passé vu qu’on a fait 2,3 millions d’entrées. C’est pour cela que tout s’est enchainé aussi vite car quand Babysitting est sorti, la suite était déjà très avancée en terme d’écriture.

Justement, comment l’avez vous tous abordé cette suite ? On sent que vous avez gardé le concept du premier pour que le public soit en terrain connu mais tout en changeant l’univers pour apporter un peu de nouveauté ?

PL : Tu as très bien résumé. On voulait garder tout ce qui avait plu dans le premier pour être dans un univers connu mais on souhaitait également changer des choses pour éviter de faire le même film. Donc on a gardé la bande de copains qui se retrouvent dans des situations absurdes, on a gardé le principe de la vidéo retrouvée et on a changé tout le reste… On a tourné au Brésil. Ce n’est plus un enfant qui fait l’objet du babysitting mais une vieille mamie à la Tatie Danielle, et on s’est plus orienté vers une comédie d’aventure en s’inspirant de films qu’on adore comme A la poursuite du diamant vert ou Les Goonies

Et toi Elodie, tu es la petite nouvelle dans cette équipe déjà bien rôdée… Tu t’es facilement intégrée ?

EF : Avec une équipe comme celle là, ça n’a pas été bien difficile. C’est une vraie bande de potes où il règne une belle humeur et ça rend l’intégration facile. Et puis on s’était croisé plusieurs fois l’année dernière car quand ils faisaient la promotion du premier film, moi je faisais celle de Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu ? . D’ailleurs, j’ai été contente qu’ils ne me tiennent pas rigueur qu’on ait été concurrent.

Personnellement, j’aime beaucoup ton personnage… C’est une fille solaire, qui a du tempérament, pas seulement une mangeuse d’hommes et ça m’a plu parce que t’aurais vite pu tomber dans le cliché de la pétasse et ce n’est pas le cas…

EF : (Fou rire général) Je le prends comme un compliment. C’est vrai qu’elle est un peu volage mais c’est parce qu’elle est jeune et en vacances et qu’elle veut simplement profiter de la vie. Mais elle a du caractère et c’est notamment elle qui arrive à ressaisir les esprits de tout le monde et à ressouder le groupe quand tout commence à partir en vrille pour eux. 

Et pour toi Charlotte, tu retrouves cette petite bande mais tu ne fais pas partie de l’aventure dans la jungle… Tu la suis grâce à la vidéo retrouvée au côté d’Alice David et Christian Clavier… Ça n’a pas été trop frustrant pour toi ?

CG : Sur le tournage non, car ça a été un vrai plaisir de tourner à nouveau avec Alice et de rencontrer Christian Clavier qui est un monument de la comédie française et qui est d’un sérieux et d’une précision déroutants. Il connaît le scénario, son texte et celui des autres par cœur. C’est vraiment très enrichissant. Ce qui est drôle, c’est qu’on tournait les scènes où on est censé découvrir les aventures du groupe en les regardant à la télévision, mais sur le tournage on ne voyait rien sur cet écran télé. Les images ont été ajoutées au moment de la post production. C’est seulement en voyant le film fini qu’on s’est dit avec Alice qu’on aurait bien aimé être avec eux. Mais c’est aussi très intéressant pour le jeu de tourner dans ce mode là et de devoir réagir à des choses qu’on ne voit pas.

Quand on voit le film, on sent que vous avez dû vous éclater mais que ça n’a pas dû être un tournage de tout repos, notamment en tournant en pleine jungle brésilienne ?

JA : C’est certain, ça a été très intense et on a beaucoup cavalé. Et puis on s’est aussi compliqué la vie nous-mêmes car on avait écrit dans le scénario cette fameuse blague où on perd tous nos vêtements au début de l’expédition. Ce qui fait qu’on est en maillot de bain pendant tout le reste du film. Aujourd’hui je me dis qu’on aurait dû l’écrire pour la fin car être à moitié nu pendant tout le tournage avec les arbres, les bestioles, sans être protégé… ça craint un peu.

PL : Et puis on a eu quelques surprises aussi avec la réalisation des cascades. Par exemple, la scène où on doit tous sauter d’une hauteur de 12 mètres dans la rivière, on avait prévu une équipe d’effets spéciaux qui devaient nous attacher avec des câbles pour nous sécuriser et on aurait effacé tout ça numériquement en post production. Et puis le jour où on tourne la scène on s’est aperçu que l’équipe des effets spéciaux ne pouvait pas approcher son camion de la rivière car les routes ne le permettaient pas. Du coup, on a laissé tomber l’idée des câbles et on a vraiment plongé de 12 mètres sans aucune sécurité.

Et le saut en parachute ?

PL : Là aussi, tout est parfaitement authentique. Il faut savoir que je suis assez peureux dans la vie, donc j’ai conçu ce film comme une sorte de thérapie. D’ailleurs mon personnage est à mon image, c’est un trouillard qui tente de surmonter ses peurs. Donc on s’est tous beaucoup préparé. On a fait une formation avec près de 60 sauts en parachute. Ça a été incroyablement complexe car en entrainement, tu te concentres exclusivement sur ton saut mais là il fallait aussi jouer la comédie en sachant qu’on était à 4000 mètres d’altitude, qu’on devait sauter de l’avion pour rejoindre la caméra en tombant à plus de 250km/h. Tout ça en continuant de jouer bien évidemment. Tom Cruise se vante de réaliser lui même ses cascades surréalistes… Aujourd’hui je peux dire que nous aussi…

Des idées pour un troisième film ?

PL : Si tu en as, je suis preneur…

Je me disais qu’il serait intéressant de confronter cette bande à la paternité et/ou à la maternité…

PL : C’est vrai que ce serait la suite logique. Qu’ils aient leurs propres enfants et que ce soit maintenant à eux de faire garder leur progéniture plutôt que de garder celle des autres. Ça permettrait de boucler la boucle de l’idée du Babysitting.

Lien youtube de la bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=EOlk67dEqEk

Un sujet grave traité avec finesse et délicatesse, drug et servi par un bouleversant Eddie Marsan.

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John May (Eddie Marsan) est conseiller funéraire. Lorsqu’il n’enquête pas pour retrouver une hypothétique famille à prévenir d’un décès, medicine il assiste, viagra parfois seul, aux funérailles d’un(e) inconnu(e). Quand son enquête échoue, il emporte pour sa collection personnelle les photos retrouvées dans la demeure des défunts, au milieu d’objets parfois drôles, ou parfois tristes à en pleurer. John les ajoute alors à des albums de famille, « sa » famille. Après la froideur des premières scènes, on est ébranlé par l’intérêt que porte John à « ses » morts, qui apparaissent alors comme les êtres les plus importants pour lui. Il reste leur dernier lien avec le monde des vivants. Le jour où il apprend son licenciement, il décide néanmoins de tout faire pour résoudre son dernier cas. Il sera alors amené à sortir de son quotidien, réglé comme du papier à musique. La rencontre avec Kelly (Joanne Froggatt) sera déterminante, bouleversante, et amorcera chez lui un changement peut-être salvateur.

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Tout comme le personnage de Wiesler dans La Vie des autres (F.Henckel von Donnersmarck, 2007) John May vit dans une routine cadenassée et névrotique, qu’il accepte, à notre grand étonnement, sans souffrance apparente. La caméra fixe ses gestes répétitifs de manière rythmée, immuable, et ancre les habitudes et la solitude au centre de la vie de John. Seul dans la rue, entouré d’immeubles immenses et écrasants, seul dans les couloirs et dans son bureau, seul quand il mange inlassablement sa boîte de thon pour dîner. La mise en scène, grâce aux cadrages et à une composition intelligente des plans toujours fixes, s’en amuse avec délicatesse. Pas de grosses ficelles mais des notes d’humour qui instillent une légèreté bienvenue et apaisante, soulignée par une excellente bande son. Les cordes de la harpe celtique sautillent  et nous emportent avec John vers l’espoir d’une autre vie. Humain et empathique, par contraste avec ses collègues bureaucrates et indifférents, il nous touche profondément et parvient à nous faire oublier l’évolution parfois un peu attendue du scénario.

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Totalement à contre-emploi de ses rôles précédents (Be Happy de Mike Leigh, la série Ray Donovan), Eddie Marsan, omniprésent à l’écran, est d’une grande intensité. Il ne joue pas. Il est John May. Uberto Pasolini confie avoir cherché un acteur capable d’incarner son personnage « sans dialogue, juste par sa présence ». C’est ici le premier grand rôle de cinéma de Marsan. Il réussit parfaitement l’épreuve et dégage une douceur jusqu’ici méconnue qui nous trouble. Il rend son personnage tendre et attachant. Intriguant même, tant il navigue paisiblement entre la solitude et les morts, constamment cerné à l’écran par les plans symétriques. Son visage, loin de côtoyer les canons de beauté, est pourtant magnétique. Lorsqu’il esquisse un sourire, on sent la libération approcher, d’autres perspectives s’ouvrir. Joanne Froggatt, toujours solaire, accompagne cette ouverture, par le contraste physique qu’elle crée avec son partenaire, quasi mutique et figé.

Uberto Pasolini explique être passionné par le travail de Yasujiro Ozu, immense cinéaste ayant su sublimer le quotidien en captant l’extraordinaire dans la vie ordinaire japonaise, avec une sobriété et une profondeur incroyable. Sans pour autant prétendre jouer dans la même cour, le réalisateur italien est parvenu à faire d’Une Belle fin un film qui marque par son rythme, son interprétation et son propos, traité avec tendresse et finesse. Le film a obtenu des prix au dernier Festival de Venise (Meilleure Réalisateur dans la section Orizzonti) ainsi qu’aux festivals d’Edimbourg (Meilleur acteur), Abu Dhabi et Reykjavic.

La Cinéphile Éclectique (Carnets Critiques)

Réalisé par Uberto Pasolini . avec Eddie Marsan, Joanne Froggatt…

Sortie le 15 avril 2015.

 

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