Critique Film

THE AMAZING SPIDER MAN 2 : une toile inachevée ★★☆☆☆

Une série devenue vite mythique qui s’essouffle au fil des saisons…

game-of-thrones

Game of Thrones est à la culture moderne ce que Les Rois maudits (Maurice Druon) ou encore Le Seigneur des Anneaux (J.R.R. Tolkien) ont été dans les années 30 et 50 : une épopée politique, check palpitante, generic dans un cadre moyenâgeux, qui se déroule à Westeros et Essos, deux terres inventées par son auteur, George R. R. Martin. Game of Thrones possède une histoire et une mythologie qui lui sont propres. Dans ce monde imaginaire, une lutte sans merci fait rage entre les Sept Royaumes qui le composent, pour l’accession au Trône de Fer. Au Nord de ces terres se trouve un immense Mur de glace, qui sépare Westeros de la terre habitée par des sauvages et d’autres créatures.

A l’instar de Dexter ou Mad Men, le générique symbolise l’essence de Game of Thrones. Par un plan aérien, nous découvrons une carte géographique de Westeros et d’Essos, dont les citadelles sortent de terre, comme autant de champignons architecturaux. Maquette animée numériquement, le générique introduit les grandes cités de chaque royaume. Tel le chœur dans Henri V, il nous présente les décors essentiels dans lesquels va se dérouler la « pièce » : il varie d’épisode en épisode, plantant les décors propres à l’action du chapitre. On pense également au plateau d’un jeu de Risk, célèbre jeu de conquête dans lequel les joueurs avancent stratégiquement leurs soldats. En regardant Game of Thrones, on entre dans un monde médiéval sans pitié, jonché d’embuches et de pièges inattendus.

GOT

Les auteurs de la série s’emparent des Sept Royaumes pour créer autant d’univers visuels. A chaque contrée sa palette de couleurs, du bleu froid des habitants du Nord du mur au jaune du désert des Dothrakis, en passant par les couleurs flamboyantes de Port-Réal ou l’univers gris et vert de Pyke. La qualité de l’image et les palettes utilisées sont d’une rare qualité et rendent parfaitement compte du soin apporté aux décors et aux costumes. Les fastes décors sont uniques dans l’univers des séries. Il y a peu de série historique et médiévale. Game of Thrones relève le défi en employant beaucoup de figurants, en tournant en décors naturels (Irlande, Malte, Croatie, Islande, Maroc). Cela demande aux auteurs, réalisateurs et acteurs un engagement total et très long. On ne lésine pas non plus sur les costumes, d’une grande inventivité et d’une extrême élégance. Les matériaux utilisés comme la coupe des vêtements sont particulièrement remarquables.

Pyke

La série suit certains représentants des maisons qui composent les royaumes. Après la mort du roi Robert Barathéon, chacun prépare stratagèmes, alliances et autres trahisons en vue de s’emparer du pouvoir suprême. La politique est omniprésente. Chacun avance ses pions lentement pour tenter de détrôner Geoffrey (de la maison des Lannisters, interprété par Jack Gleeson), l’héritier de Robert. Comme dans Le Seigneur des anneaux, on suit une multitude de personnages, principaux et secondaires, qui nous entraînent dans les différents camps, et dans diverses quêtes : manipulations politiques, accession au Trône, voyage initiatique, sauvegarde de la frontière du Mur. Les personnages ont tous leurs objectifs à atteindre, et tout s’entremêle, au fil d’intrigues toutes plus complexes et terribles les unes que les autres. Nous, spectateurs passionnés, devenons omniscients : nous seuls savons ce qui se trame. Chaque maison a ses raisons de briguer le Trône et d’agir comme elle le fait, dans la guerre comme dans la réconciliation.

La série, adaptée des romans de Martin, cherche l’exhaustivité. Or une bonne adaptation fait des choix, afin de garder intacte la trame originelle, tout en préservant l’atmosphère de l’œuvre. Les scénaristes, en voulant être probablement trop fidèles, perdent les spectateurs, à coup de séquences trop bavardes et d’un montage quelques fois très aléatoires, accolant les scènes sans créer de rapport entre elles. Les chapitres des romans sont ainsi séparés, chacun portant le nom d’un personnage. Mais changement de média, changement de méthode pourrait-on dire, et il est bien dommage que les créateurs de la série n’aient pas adapté leur écriture au format télévisuel.

game-of-thrones-full

Le « danger » qui plane sur la série est donc son origine littéraire. L’œuvre est constituée de 5 tomes (dans les éditions anglaises et les intégrales françaises) de plus de 1000 pages chacun. On suit beaucoup de personnages dans un univers très dense et aux multiples retournements. Quand on pense que Lost parvenait tout juste à nous tenir en haleine en suivant plus d’une douzaine de personnages, sur cinq saisons et dans un lieu fixe (une île), Game of Thrones se perd. La somme presque démentielle de personnages nécessiterait des coupes…mais de judicieuses coupes. Ainsi, certains protagonistes disparaissent pendant plusieurs épisodes, voire toute une saison (on pense notamment aux Greyjoy et à Bran), nous laissant dans une attente qui frise la lassitude.

Les luttes pour l’accession au Trône de fer apportent leur lot de violence, constante et grandissante. Les guerres, tortures et incestes sont courants, et le roi s’avère être un grand pervers vicieux. La plus grande violence provient dans un premier temps des membres de la famille Lannister. Le père (Charles Dance) est sans pitié, ses jumeaux, Jamie (Nikolaj Coster-Waldau) et Cercei (Lena Headey), cruels et ambitieux. Seul Tyron « le Nain » (Peter Dinklage), le fils cadet, détonne. Intelligent, fin, drôle, il est celui qui voit clair dans le jeu des autres. Il se pose presque en arbitre : Tyrion est un des rares personnages à ne pas être obsédé par l’accession au Trône de Fer ! C’est un personnage intègre, celui auquel on s’attache le plus.

La famille Lannister

Les violents Lannister seront dans un deuxième temps « détrônés » par Ramsay, de la maison Bolton, fou furieux sanguinaire et pervers. Après trois saisons captivantes et équilibrées, la série se repaît dans une violence crue, parfois sans fondement dramatique, qui tente de dissimuler une mise en scène finalement bien faiblarde. Tout est montré, sans grand intérêt si ce n’est un sensationnalisme qui crée la polémique, notamment dans la cinquième saison. Doit-on tout montrer, à la limite de l’insupportable ? De grands réalisateurs nous ont prouvé que l’horreur et la terreur pouvaient parfaitement être suggérées et percuter le spectateur de plein fouet. Ici, la violence devient banale, voire risible tant elle paraît incontrôlée.

A cette violence s’ajoute, toujours à partir de la quatrième saison, un faux rythme dans lequel Game of Thrones nous entraîne. Périlleux ! Une étrange alternance d’épisodes statiques et bavards et de carnage se met en place, nous laissant pour le moins sceptiques. Tel un mauvais match de football, il faut ainsi attendre, attendre, avant de voir les rebondissements salvateurs arriver.

jon-snow-game-of-thrones

Jon Snow

Si le rythme n’est donc pas aussi efficace dans Game of Thrones, la filiation avec Le Seigneur des Anneaux est claire :  le fantastique et la magie s’entremêlent de plus en plus au fil de la série. Dans l’heroic fantasy, la puissance de la magie est intimement liée à la présence ou non de dragons. Lorsque ces derniers apparaissent dans la seconde saison, la magie se renforce progressivement. Par delà le Mur (on le découvre dès le premier épisode), vivent des créatures aux yeux bleus (les White Walkers) à la force surhumaine, qui constituent un danger supplémentaire pour les différents royaumes. On les surveille du coin de l’œil par l’intermédiaire du personnage de Jon Snow (Kit Harington), engagé dans la Garde de nuit, chargée de la protection du Mur. Ils laissent planer une menace constante…mais trop peu utilisée. Comme on le disait plus tôt, les White Walkers font partie de ces éléments qui disparaissent pendant de longs épisodes, pour intervenir comme un cheveu sur la soupe… on nous rappelle tout de même de ne pas négliger les « êtres aux yeux bleus », mais ce point du scénario demanderait un traitement plus régulier.

La bonne surprise du script provient de la place faite aux femmes (Cersei, Sansa, Daenerys, Arya, Margaery, Ellaria…). Elles prennent un ascendant croissant sur leurs collègues masculins trop sûrs d’eux et de leur force. Elles se retrouvent alors au cœur des différentes stratégies et n’hésitent pas à recourir aux plus féroces manipulations, jusqu’à devenir, dans la sixième saison, les véritables maîtresses du jeu. Cette brise féministe amène un nouveau souffle salvateur à la saga qui commençait à s’enliser. Ce parti pris annonce également une lutte encore plus féroce car peut-être plus subtile et politique pour l’accession au Trône de Fer.

White_Walker_2x10

Game of Thrones parvient tout de même à nous maintenir captivés pendant de nombreuses saisons, avec une vingtaine de personnages qui ne cessent de changer de lieu, de mourir, d’apparaître, de disparaître… C’est un énorme pari qui peine à être remporté complètement. On finit par suivre la série par habitude, pour connaître un dénouement qu’on nous fait miroiter depuis au moins trois saisons et qui peine à venir. La sixième saison apporte enfin dans son sillage certaines alliances attendues depuis fort longtemps, et nous propulse au plus près du dénouement final. Deux saisons sont encore programmées : on se demande alors si les créateurs n’abusent pas du succès planétaire et historique de la série pour faire -trop ?- durer cette saga néanmoins passionnante…réponse en 2017 !

La Cinéphile Eclectique (Carnets Critiques )

Série créée par David Benioff et D. B. Weiss.

Diffusée depuis avril 2011 sur HBO aux Etats-Unis, depuis juin 2011 sur OCS Choc en France, puis sur Canal + en janvier 2013.

Avec Kit HaringtonCharles Dance, Nikolaj Coster-Waldau, Lena Headey,Peter Dinklage, Emily Clark, Jonathan Price, Nathalie Dormer, Diana Rigg…

 
Imaginez qu’une de vos erreurs de jeunesse vous rattrape. Imaginez qu’une de vos ex vous balance à la justice après 10 ans de silence radio. Imaginez devoir quitter votre vie bien rangée pour passer 18 mois en prison…

Il y a une dizaine d’année, information pills la jolie et fraîchement diplômée Piper Chapman (Taylor Schilling) entame une relation sentimentale avec Alex (Laura Prepon – qui incarne à merveille ce personnage légèrement effrayant), une jeune femme qui s’avère être au cœur d’un trafic de drogue. La relation amoureuse se transforme occasionnellement en collaboration professionnelle lorsque Piper aide Alex à transporter des fonds d’un pays à l’autre. Dix ans plus tard, Piper a UN fiancé, des projets et une vie de rêve… tout du moins jusqu’à ce qu’Alex se fasse épingler et la dénonce à la justice. Bienvenue au centre pénitentiaire pour femmes de Litchfield, dans l’état de New York.

Le pitch n’est, en soi, pas exactement original : un personnage bien sous tous rapports se retrouve propulsé dans le monde carcéral où il doit trouver sa place tant bien que mal. On se souvient, entre autres, de Michael Scofield dans la série Prison Break. Oui, mais cette fois, le point de vue est celui d’une femme dans une prison pour femmes. Les intrigues et les priorités des détenues sont donc différentes. Mais ne vous méprenez pas, malgré un titre qui fait très magazine féminin (ndlr pour les non-initiés: le noir est LA couleur universelle qui ne se démode jamais, et ici, le orange, qui fait référence aux tenues des prisonniers aux Etats-Unis, est le nouveau noir), les aventures de Piper en prison n’ont rien de très girly. L’intrigue se déroule néanmoins dans une prison de sécurité minimale, comme les matons le font remarquer à Piper lors de son arrivée, la violence est moins physique que psychologique. Ainsi, Piper se fait aimablement bizuter lors des premiers épisodes (privée de nourriture par la détenue qui s’occupe de la cafétéria par exemple) avant de prendre un peu plus d’assurance et de s’intégrer tant bien que mal à cet environnement hostile.

orange is the new black affiche

L’une des forces de la série est l’omniscience du spectateur. Si l’intrigue se concentre sur ce qu’il se passe à l’intérieur de la prison, on nous offre aussi un aperçu de l’administration carcérale. Mais l’œil du spectateur s’égare par la même occasion à l’extérieur de la prison, chez le fiancé opportuniste de Piper par exemple, et surtout dans le passé des personnages secondaires grâce à de très nombreux flashbacks qui ponctuent tous les épisodes. La population de la prison et la multitude de personnages qu’elle renferme est sans aucun doute l’aspect le plus intéressant de la série. Admettons-le, les yeux de chiens battus de Piper deviennent rapidement lassants et ses gaffes incessantes agacent assez rapidement. On préfère de loin l’ancienne baronne de la pègre russe (Red interprétée par Kate Mulgrew) ou encore l’admiratrice un peu collante (et un peu tarée) qui veut faire de Piper sa femme (Crazy Eyes interprétée par Uzo Aduba). Le spectateur veut en savoir plus sur leurs passés, leurs amours, et surtout le crime qui les a conduit à passer du temps derrière les barreaux. La psychologie très travaillée des personnages fait donc oublier Piper assez facilement.

Le huit-clos quasi-constant et l’univers dans lequel évoluent les personnages permet de construire de nombreuses tensions qui rendent l’univers de cette série étonnamment étouffant et absolument passionnant. Piper doit en effet apprendre à vivre mais surtout à survivre dans les couloirs de la prison où elle détonne. Cette WASP (ndlr : white anglo-saxon protestant, la partie de la population considérée comme étant la classe la plus riche et la plus cultivée outre-Atlantique) issue de la petite bourgeoisie américaine doit dire adieu à son confort, ses brunchs du dimanche et son régime végétalien pour s’adapter à ses nouvelles colocs. Ce choc des cultures est un ressort comique récurent mais la créatrice de la série (Jenji Kohan) n’en reste pas là et transforme souvent des situations à la base comique en réflexions plus profondes sur la société américaine, comme le faisait l’œuvre à l’origine de la série (un mémoire sur l’expérience carcérale d’une certaine Piper). Ainsi, racisme et homophobie (ou plutôt lesbophobie dans cette prison pour femmes), qui font partie à part entière du quotidien des détenues, sont traités de façon totalement politiquement incorrecte avec humour, mais aussi, parfois, avec gravité.

A l’image du générique – une succession de gros plans des visages des détenues – Orange is the New Black est avant tout une série humaine et une fable sociale douce-amère sur l’Amérique d’aujourd’hui.

Orange is the new black OITNB saison 2 le 6 juin 2014

La série revient pour une saison 2 le 6 juin 2014

Les jeunes, remedy les plus vieux, medicine les romantiques, les fans d’action, les Marvel-addicts, les gens qui se retrouvent là par hasard…autant de personnes à satisfaire. Difficile alors de mêler subtilement les genres, pour plaire à tout le monde.

Marc Webb était pourtant le mieux placé pour le faire (il a réalisé le superbe 500 jours ensemble), mais son film se perd dans des scènes d’action mal découpées (elles sont toutes dans la bande-annonce, si ça vous intéresse) et sans développer en profondeur la personnalité de Peter Parker.

Cependant, Andrew Garfield incarne un personnage beaucoup plus à l’aise dans son corps. Il confie lui-même s’être inspiré de Charlie Chaplin, Buster Keaton et même de Bugs Bunny. La référence à Charlot, dans la scène du café renversé sur des vigiles avec une maladresse feinte, est un clin d’oeil non dissimulé. Spider-man assume complètement son rôle de super-héros, usant de ses toiles comme de ses punch lines avec la verve piquante des comics.

bannière affiche the amazing spiderman 2 facebook andrew garfield emma stone electro green goblin rhino

Finalement, le seul vrai regret réside dans le manque flagrant de rythme, ajouté à la trop forte part de romance et l’accumulation indigeste de “bad guys”. Electro et le Bouffon-Vert auraient amplement suffi. Pourquoi ajouter un Rhino sans matière qui vient uniquement ouvrir et clore le film ?

The Amazing Spider-man 2, suite du reboot de l’homme-araignée par M. Webb, est un bon divertissement à la hauteur du premier mais qui, à trop vouloir en faire, finit par se prendre les pieds dans sa toile.

The Amazing Spider-man 2 sortira en salle le 30 avril 2014.

N'hésite pas à me laisser un commentaire !


Comments

Ta dose de ciné quotidienne !

Les nouveaux YouTubeurs à regarder !

L’INFAUX CINÉ, LA VRAIE !

Copyright © 2015 The Mag Theme. Theme by MVP Themes, powered by Wordpress.

To Top