Critique Film

LES PINGOUINS DE MADAGASCAR : Quatuor harmonieux ★★★☆☆

Les mascottes de Dreamworks sont de sortie pour un spin-off réjouissant.

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Certes, on adore les pingouins de Dreamworks depuis leurs courtes (mais géniales) apparitions dans la saga Madagascar, et encore plus depuis leur série d’animation rien qu’à eux. Mais force est de constater que l’on n’attendait pas grand-chose de leurs aventures solo sur grand écran, mis à part les capacités du studio californien à user de la poule aux œufs d’or jusqu’à l’épuisement. Nul doute que les créateurs du long-métrage ont eu cette réflexion, car leur meilleure idée provient de ce second degré (ce cynisme ?) envers les mascottes du cinéma d’animation hollywoodien. Le pitch du film ? Le démoniaque Docteur Octavius (qui est… une pieuvre, bravo !) veut se venger de la « mignonneté » des palmipèdes, qui lui ont tant volé la vedette par le passé.

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Ainsi, le film réjouit par le recul qu’il prend envers les spin-offs et autres étirements de licences à but lucratif. Simon J. Smith et Eric Darnell profitent de la vacuité et de l’opportunisme apparents de leur démarche pour surprendre le spectateur. La force des Pingouins de Madagascar est d’être une œuvre de son temps, compressant les références (de Indiana Jones à Avengers en passant par James Bond) pour mieux faire ressortir les codes des blockbusters actuels. Ces animaux espions, qui jouent en permanence de l’anthropomorphisme, voire à être plus forts et plus malins que les humains (comme le prouvent leurs impressionnantes capacités d’infiltration), se retrouvent ainsi dans un faux archétype de cinéma d’action/espionnage, pour mieux le parodier.

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A l’image de la synchronisation ultra-rapide du groupe, le film enchaîne toutes ses scènes, et surtout toutes ses blagues sans aucune perte de vitesse, trouvant un parfait équilibre entre l’humour verbal et un burlesque martelé par le rythme effréné de l’ensemble, comme à l’époque des slapsticks. Les réalisateurs font alors le choix d’un humour souvent absurde, parfois à la limite du surréalisme (l’hilarante séquence de course-poursuite à Venise). Tout en développant des idées bon enfant, le long-métrage n’oublie jamais les adultes, notamment grâce à des réflexions sur la mécanique de leur comédie. Ils exploitent alors des gags autour d’éléments de mise en scène (la présence décalée d’un criquet, tandis que son cri appuie la gêne d’un silence), les obligeant par ailleurs à réfléchir à une réalisation que l’on aurait pu croire plus fonctionnelle. Mieux encore, Les Pingouins de Madagascar emporte l’adhésion grâce à la caractérisation qu’il donne à chaque personnage, donnant régulièrement l’occasion de running-gags réussis (Kowalski et ses diverses analyses, Rico et sa capacité à tout avaler et recracher).

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Les cinéastes trouvent même le temps d’insérer à leur intrigue de nouveaux protagonistes appartenant au groupe d’agents secrets Vent du Nord, rivaux (puis alliés) des pingouins. Tout ce petit monde prend le temps de se développer, conférant à l’univers coloré de Dreamworks, qui semble ici retrouver l’amour des patchworks délirants des premiers Shrek. Néanmoins, de par son simple cahier des charges mercantile, ce nouveau long-métrage ne restera pas vraiment dans les annales. Encore une fois, on pensera à la rapidité d’action légendaire du quatuor palmipède. Les réalisateurs agissent de même, faisant que leur film n’est finalement qu’un magnifique one shot, un plaisir un peu trop éphémère, qui reste malgré tout à saluer pour un projet partant sur des enjeux purement financiers, et aucunement artistiques. Conscient qu’il ne peut pas rivaliser avec les chefs-d’œuvre des concurrents (La Grande Aventure Lego), ni même avec les pointures de son propre studio (Dragons 2), Les Pingouins de Madagascar assume pleinement ses limites et cherche humblement à nous divertir sur l’instant, sans pour autant que l’on sorte de la salle sans aucune image en tête. Il y parvient, et c’est déjà très bien !

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