Critique Film

LES NOUVEAUX HÉROS : The Baymax Show ★★★★☆

Un Disney à la sincérité déconcertante, seek allégorisée par un simple robot.

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Maintenant que Marvel a été racheté par Disney, order il était logique que les super-héros s’adaptent au cinéma d’animation. C’est désormais chose faite grâce aux Nouveaux Héros (Big Hero 6 en VO), qui amène un vent de fraîcheur bienvenu dans l’univers de Mickey et de ses amis. Le studio confirme enfin qu’il est capable de varier son imaginaire, au-delà des sempiternels paysages médiévaux et autres princesses aux étranges pouvoirs, même si le dispensable Les Mondes de Ralph avait commencé à ouvrir cette voie. L’animation toujours plus perfectionnée s’accorde désormais à la modernité et à la science-fiction, d’autant plus prenantes qu’elles s’ancrent habilement dans le réel. Dans la ville de San Fransokyo, les styles se mélangent tout en conservant une identité reconnaissable, et les tons se conjuguent pour livrer un monde à part entière. Ainsi, la désuétude des tramways californiens se mêle aux fantasmes de la technologie japonaise. Il s’agit par ailleurs du point de départ du film. Petit génie de l’informatique, Hiro Hamada s’apprête à rejoindre une grande école de robotique, encouragé par son frère qui décède tragiquement dans un incendie. Il hérite alors de la création de celui-ci : Baymax, un robot infirmier aux formes rondes et rassurantes.

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Les Nouveaux Héros est ainsi une œuvre à l’étonnante complexité, un film-bilan des modes de l’animation de ces quinze dernières années, puisant le meilleur de ces multiples inspirations. Le métissage entre les looks asiatiques et occidentaux en est un bon exemple, même si le métrage est avant tout un bijou de spectacle émotionnel, équilibrant le rire et les larmes avec talent. Si le deuil (thème récurrent chez Disney) ne sert souvent que d’élément perturbateur, il devient ici le fil conducteur de l’intrigue, une réminiscence déchirante, qui accentue avec d’autant plus d’efficacité les moments comiques, très réussis et principalement dus à Baymax. Innocent et bienveillant, ce bibendum aux traits épurés reflète à merveille les contrastes que recherche le film. Son corps blanc immaculé et son visage basé sur deux points reliés par un simple trait laissent place à la suggestion du spectateur (et des personnages), qui peuvent lui imaginer toutes les émotions. Ces dernières sont par ailleurs matérialisées par des cartes mémoire qui modifient sa personnalité, allant du médecin pacifiste à la machine à tuer tendance Terminator. Ce panel de sentiments qui donne vie à un design volontairement neutre est à ce titre la plus belle idée du long-métrage, engendrant de cette manière une réflexion pertinente sur les capacités de la robotique. Il ne tombe jamais dans l’angoisse d’un soulèvement des machines, sans être pour autant dans la dénégation des possibles dangers des intelligences artificielles.

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Si Big Hero 6 se présente ainsi comme un film de super-héros, il est tout d’abord un brillant buddy movie sur la relation naissante entre deux amis. La première heure (la plus réussie) prend le temps de développer ce rapport entre un humain et un ersatz mécanique, qui, bien au-delà du simple serviteur, apprend à le compléter. Mais surtout, la magie de l’écriture disneyienne amène immédiatement à l’identification. Tout comme Hiro, nous regardons d’un œil figé ce bonhomme rondouillard passer maladroitement entre les meubles d’une chambre, admirant chacun de ses mouvements dont la programmation cache en réalité une touchante humanité. La beauté du scénario provient dès lors de ses interactions avec le monde extérieur, de ces tranches de vie qu’il partage avec Hiro, comme lorsque sa batterie presque déchargée donne l’impression qu’il est… bourré. En plus d’être le véritable héros du groupe, Baymax est finalement plus humain que les humains, évoquant par la même occasion la force de l’animation. Dans ce monde entièrement modélisé par ordinateurs, les pixels, et donc l’inhumain, peuvent donner naissance à un être vivant. Les réalisateurs Don Hall et Chris Williams ont parfaitement intégré cette notion de l’existence autre que permet un tel cinéma. L’imaginaire peut se matérialiser, l’inexistant peut exister durant un court instant, avant de devenir une légende.

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Le film devient alors une brillante analyse des adaptations de comics, sur la façon dont ces hommes et femmes de papier, ces mythes modernes, ont appris à prendre vie à l’écran. Non sans humour, il reprend les archétypes des origin stories pour en décortiquer la moelle, alors que les protagonistes ont justement grandi au sein d’une pop-culture qui inspire leur groupe (ils rappellent sans grand mal les Avengers). Baymax en est néanmoins l’exception, et permet ainsi au public d’avoir un regard neuf sur ces univers. Il apprend au contact des autres, et le long-métrage avance à partir de ses évolutions, quitte à aller parfois un peu trop vite. Il est effectivement dommage que cette réflexion sur la structure narrative de tels modèles fasse que quelques enjeux se retrouvent précipités, en plus de cantonner certains protagonistes à un statut secondaire (notamment le méchant). Bien que magnifique et colorée, la deuxième partie, orientée action, s’avère plus classique. Cependant, la force des Nouveaux Héros est également de rattraper ses quelques erreurs par la solidité du lien qu’il construit tout du long entre Baymax et Hiro, et donc entre Baymax et le spectateur. Disney parvient à l’exploit de nous faire tomber amoureux d’un pur personnage de synthèse, comme seuls Pixar (avec les jouets de Toy Story) et Dreamworks (Krokmou dans les deux Dragons) l’avaient réussi récemment. Cet émerveillement pour un imaginaire, cette passion envers un irréel si proche et pourtant hors de portée (en somme, le sens même du septième art) s’élève, pour ceux qui y seront sensibles, à un élan de poésie que ne renierait pas ce robot rêveur, capable de s’émouvoir (alors qu’il n’est pas censé avoir cette faculté) devant un papillon ou un coucher de soleil.

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