Critique Film

LA VIE TRÈS PRIVÉE DE MONSIEUR SIM : inégal et solitaire ★★★☆☆

Une réussite majeure, information pills qui prouve à ceux qui en doutaient que le cinéma populaire italien est loin d’avoir dit son dernier mot.

A n’en pas douter, case Stefano Sollima marche bien dans les pas de son père, le regretté Sergio, qui fut l’un des fleurons du cinéma populaire italien des années 60 et 70 avec des films comme Le dernier face à face ou Colorado. Après A.C.A.B, Sollima démontre une nouvelle fois que le cinéma européen peut lui aussi être ambitieux et populaire tout en restant d’une intégrité artistique qui force le respect. Suburra se présente ainsi comme une œuvre tentaculaire, dessinant le portrait d’une Rome corrompue et en plein déclin.

Le principal tour de force qu’accomplit le film réside en effet dans la manière dont Sollima fait exister sa multitude de personnages. Véritable film choral, Suburra parvient à développer une bonne dizaine de personnages sans jamais ne faire perdre le fil à son spectateur, en les caractérisant par des enjeux émotionnels clairs et consistants. Qu’il s’agisse d’un couple de camés, d’un homme politique véreux ou d’un ponte de la mafia à son crépuscule, Sollima présente ses personnages efficacement en prenant soin de ne jamais tomber dans la caricature, pour les rendre de plus en plus complexes et ambigus à mesure qu’ils se confrontent à des dilemmes moraux importants. Certains personnages se révèlent même étonnement émouvants au fil de l’intrigue. C’est le cas notamment du personnage de Numéro 8, d’abord caractérisé comme une brute instable et sans cœur, qui finalement se révèle être le seul à avoir un rêve, le seul qui refuse de réduire sa condition à la simple survie. Au détour d’une scène sublime dans laquelle il décrit son rêve, à savoir faire de Rome un Las Vegas, Sollima déploie toute la puissance émotionnelle de ce personnage. On peut dire la même chose de sa copine, Viola, qui dans l’adversité va se révéler être la seule à agir pour des raisons humaines.
Jean-Pierre Bacri constitue probablement le seul intérêt du film.

la vie privée de monsieur sim

Après le succès critique et public du Nom des gens, remedy see on attendait beaucoup de Michel Leclerc. Dans La Vie très privée de M. Sim , le réalisateur adapte à l’écran le roman éponyme de Jonathan Coes. Il s’intéresse donc à la vie de François Sim (Jean-Pierre Bacri), divorcé, déprimé, au chômage, et un brin ennuyeux. On suit alors une période de sa vie où il semble, en apparence, reprendre pied.

La narration du film fait la constante analogie avec un navigateur, Donald Crowhurst, dont la solitude lors d’une longue course autour du monde a rendu fou. Cette solitude, M. Sim la connaît, en profondeur et dans ses grandes largeurs, qu’elle soit quotidienne ou lors de déplacements professionnels. « Vous savez, je suis en pleine dépression depuis six mois ! » sort le personnage de but en blanc. Le problème, c’est que le spectateur devient de plus en plus déprimé lui aussi.  Les séquences s’enchaînent, s’accolent pourrait-on dire, sans fluidité, donnant ainsi au film un rythme parfois pesant. La réalisation s’embourbe dans un faux rythme qui manque au final d’intérêt. Pourtant la solitude de All Is Lost, fascinante et quasi muette, produisait une intensité particulièrement prenante. La solitude pousse ici M. Sim à parler… tout le temps… à n’importe qui… voire à n’importe quoi ! Tel le navigateur solitaire, il dérive, se noie.

Sim

Quelques dialogues causasses ponctuent plaisamment La Vie très privée de M. Sim, et il émane une loufoquerie distrayante de quelques actes du personnage (la chasse à la patate par exemple !). Le film devient malheureusement trop bavard. « Si tu savais comme j’ai envie d’un peu de silence. » chantait Dalida. Trop de paroles finissent par évincer le propos du film. Au final, la vie de M. Sim n’est ni vraiment intime, ni vraiment privée. Les dialogues comme toutes les situations dans lesquelles il se retrouvera confirmeront sa maladresse dans les rapports humains, avec les femmes en particulier (SA femme et sa fille), jusqu’à en devenir pesant. La mise en scène aurait peut-être demandé plus de retenue pour être complètement convaincante.

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Souvent seul à l’écran, de tous les plans ou presque, Jean-Pierre Bacri porte le film. Parfois burlesque, jamais râleur, il parvient à trouver l’humanité du personnage avec beaucoup de justesse. Mais à l’ouest rien de nouveau. Son rôle ressemble terriblement à celui d’On connaît la chanson ou du Goût des autres, film dans lesquels, déjà, l’homme qu’il jouait était au bord du gouffre, à la croisée des chemins de sa vie. Ici pareil. C’est donc avec un air de déjà vu et beaucoup moins d’intérêt qu’on voit Bacri évoluer au gré de scènes plus ou moins bien écrites. La plus grande maladresse réside finalement dans une fin illogique et/ou surprenante, qui aurait pu composer le vrai sujet du long-métrage. Comme s’il n’assumait pas vraiment le chemin emprunté pendant tout son film, Michel Leclerc tente une pirouette et en complet décalage avec le parcours de son personnage. Dommage ! Voir Jean-Pierre Bacri parler de moules frites dans l’excellente séquence d’ouverture était de si bonne augure !

La Cinéphile Éclectique (http://carnetscritiques.over-blog.com/)

Réalisé par Michel Leclerc, avec Jean-Pierre Bacri, Mathieu Amalric, Valeria Golino…

Sortie le 16 décembre 2015.

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LA VIE TRÈS PRIVÉE DE MONSIEUR SIM : inégal et solitaire ★★★☆☆
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