3D MON CUL !

LA GRANDE MURAILLE vaut-il le coût en 3D ?

Faut-il aller voir La Grande Muraille en 3D ?

Souvenez-vous, dans les épisodes précédents de cette chronique, je commençais à dresser un constat assez alarmant de l’état de la 3D dans les superproductions actuelles. Où était passée l’immersion dans Rogue One ? Qu’advenait-il des jaillissements chez Peter et Eliott le Dragon ? Où est passé l’effet « Waouh » que l’on est tous en droit d’attendre en payant notre place plus chère pour chausser ces lunettes ? La réponse se situe tout en haut de La Grande Muraille.

Les panoramas s’étendent à perte de vue.

Une profondeur vertigineuse.

Le film de  Zhang Yimou s’ouvre sur un plan zénithal entièrement numérique, dans lequel nous plongeons à travers les nuages pour nous retrouver devant la fameuse muraille.  Dès ces premières secondes, le relief est à son maximum : la sensation de profondeur est bien présente, à la manière d’un The Walk, et les différentes couches de nuages permettent de construire ce vide, de rendre la chute encore plus impressionnante. Cependant, ne nous laissons pas bluffer par un plan entièrement en images de synthèse, car un bon relief est facile à obtenir.

Les premiers plans en prise de vue réelles, une course poursuite dans de magnifiques décors, vient nous rassurer : on est sur une production 3D premium. Le film n’est pas une conversion, c’est-à-dire que le film a été filmé avec des caméras 3D, et ça se sent. Cela faisait longtemps  qu’une production 3D native nous avait été présentée, et la différence saute instantanément aux yeux. 

La réalisation de  Zhang Yimou est elle aussi pensée pour donner un relief optimal : très peu de flous d’arrière plan, beaucoup de plans à ras du sol (avec le reste du décor qui s’étend à l’infini), et, Grande Muraille oblige, une pléthore de rapports d’échelle. La caméra de Yimou est très libre, et il s’en sert pour passer d’une action à taille humaine à un panorama gigantesque en un seul plan. Une sensation de gigantisme renforcée par le relief saisissant.

Même quand le scénario peut créer des obstacles au relief, le réalisateur joue avec ces contraintes. Par exemple, une séquence se déroule en plein brouillard, et par conséquent, cela a tendance à couper toute profondeur.  Ici, il s’en sert à son avantage : il utilise ce brouillard pour sculpter son relief, comme avec les nuages en introduction. Et si par malheur le brouillard est trop dense, il contrebalance cette perde de profondeur par un jaillissement ravageur.

Des jaillissements à la pointe.

Après une profondeur exemplaire, les jaillissements se devaient d’être à la hauteur. Ici encore c’est un sans faute : La Grande Muraille se paie le luxe de nous offrir des jaillissements puissants, maîtrisés, et toujours justifiés. Les jaillissements ne doivent jamais être là par simple plaisir de lancer des trucs à la tronche du spectateur, sous peine de trahir un côté « parc d’attraction », et nous faire par conséquent sortir du film en nous rappelant qu’on est dans une salle de cinéma.

Ce n’est pas le cas des jaillissements de La Grande Muraille. Ici, chaque objet qui sort de l’écran a une justification dans le scénario et sert à renforcer l’immersion. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les jaillissements sont de plus en plus puissants à mesure que le film avance, avec un final en apothéose. Le personnage principal étant un archer, on a le droit aux éternelles flèches en jaillissement, aidées par des ralentis toujours bien placés. C’est quelque chose que peu de réalisateurs ont compris, si on veut que l’effet de jaillissement soit encore plus saisissant, il est préférable de le soutenir par un léger ralenti. Cela donne le temps au spectateur de profiter de l’effet et de déconstruire l’action, souvent complexe, qui se déroule aux autres endroits du plan.

Une référence.

Vous l’avez compris, la 3D de La Grande Muraille m’a ravie, et en plus, le confort de visionnage est au rendez-vous : malgré les nombreuses séquences de nuit, l’image est toujours suffisamment claire et lisible. Un sans faute pour cette production chinoise destinée au reste du monde, et la preuve que l’on peut faire des merveilles si la 3D est prise en compte dès la préproduction. Un très beau travail.

Réalisé par Zhang Yimou, avec Matt Damon, Jing Tian, Pedro Pascal

Sortie le 11 janvier 2017.

( Pas de bande annonce 3D disponible…). 

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