Journal du Cinéphile Bisseuvore

50 NUANCES DE GREY, une adaptation et… ah non, pas grand chose en fait.

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Avez-vous déjà été face à un steak de soja, délicatement placé entre ses deux tranches de pain parsemées de graines de sésame ?

fifty-shades-grey cover site facebook hd 50 nuances de grey

Imaginez ce qui se passe, dans cette situation, chez un adepte amoureux des fast-foods. Prêt à arracher de toute sa hargne la chair saignante de son burger, il se rend finalement compte qu’un pâté végétarien trompeur lui colle au palet. Imaginez cette déception. Ça y est ? Vous avez cette ignoble sensation en tête ? Et bien vous avez cerné l’atmosphère du film de Sam Taylor-Johnson. Quelque chose d’indigeste présenté partout comme ce steak de charolais de chez le boucher, puis dégluti finalement comme un surgelé difforme au goût approximatif, exactement comme la photo de la boite, certes, mais dont le ressenti en bouche a plus l’air de se référer aux abats moisis d’un cheval d’Europe de l’Est. Bon, je ferme le bouquin de métaphores et je parle du film. Pour commencer, sachez que je n’avais aucun mauvais a priori sur cette bande (ce film, ndlr) avant de le voir, bien au contraire j’en attendais beaucoup, ayant particulièrement apprécié le premier tome dont il est question dans cette première partie de l’adaptation de la saga. N’imaginez donc pas que ce que je vais dire dans ce papier est le résultat de l’activation d’un quelconque mode rageux à la vue d’une série de bouquins que la planète a bien aimé. Loin de moi cette idée. La vérité c’est que je suis déçu de trois choses :

– Une adaptation 0% passion, 0% conviction, 100% ennui.

– Les 7€ dépensés au cinoch (Tarif étudiant, OKLM).

– Les longues (Mais alors trèèès longues) 7500 secondes perdues de ma vie, que j’aurai pu mettre à profit en «rangeant mes chaussettes par exemple…»

Il y a bien un dernier point que j’aimerai partager avec vous, mais la pudeur m’en empêche. Quoi ? C’est un papier à propos d’une œuvre érotique ? Ah et bien ça va alors. J’avais très mal à ma fesse gauche. La faute à un désespoir mêlé au confort indescriptible des sièges du CGR (Celui de Torcy, très clean soit dit en passant !).

Je parle, je parle, mais je m’égare. Pour résumer ma pensée, le film de Sam Taylor-Johnson n’est, dans sa substance, qu’une accumulation de copiés-collés de certaines scènes du livre, passant totalement à côté de l’essence de l’œuvre originale. Alors on peut se dire que c’est pas mal justement, mais en fait on est très loin de la réussite.

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Tout d’abord, une adaptation cinématographique, ce n’est pas une transposition fidèle à 2000% ! Car ce qui peut très bien passer sur le papier, grâce à l’imagination de notre esprit, et aux limites que chacun se pose, a autant de chance de paraître absolument ridicule à l’écran.

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Ensuite, pour parler de l’objet cinématographique en lui-même, on a une réalisation plate et sans rythme, on suit tout ça sans beaucoup d’entrain et on a du mal à se souvenir des scènes que l’on vient de voir… Rien ne marque, rien ne transcende, dommage pour un film qui a su parfaitement se faire désirer. D’ailleurs, c’est assez paradoxal mais tout va trop vite, S.T.-J. ne prend jamais son temps et sort un travail bâclé et superficiel. Seul point au dessus du lot : La photographie, pas dégueulasse, qui présente au spectateur un bon travail sur les lumières et l’ambiance dans certaines scènes (L’appartement de Christian Grey est parfaitement rendu, et la scène de discussion à propos des points du contrat qui lie les deux amants, dans le bureau sombre du PDG, possède de jolies teintes et de jolis effets d’éclairage, c’est vrai que là je ne peux pas retirer ce côté sensuel très réussi). Beaucoup ont également parlé d’un côté comique qui était moins présent dans le livre. Personnellement, je n’ai pas trouvé cela si vrai que ça, le livre étant drôle pour qui s’implique un minimum dans le récit et les situations.

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Par contre, et c’est le deuxième point sur lequel j’ai le plus coincé (En premier c’est le fait que j’ai trouvé tout le film très chiant et très mauvais, oui parce que ça existe les films chiants mais très bons, genre 2001 : L’odys… *fusillé par un pro-Kubrick*) : QUEL CLUB DE THÉÂTRE D’ÉCOLE PRIMAIRE A ENSEIGNÉ L’ART DE LA COMÉDIE À CES DEUX PERSONNES ?! (ndlr. Jamie Dornan et Dakota Johnson) Parce que là c’est plus de l’amateurisme, c’est carrément deux adultes qu’on a foutu là parce qu’ils ressemblaient un peu aux personnages, tout en se foutant totalement de leur charisme inexistant et de leur «Han, pour jouer ce personnage je vais utiliser à tord et à travers tous ses traits caractéristiques jusqu’à ce que ça tourne au ridicule !». Mon Dieu, je n’ai jamais été aussi exaspéré par un jeu si pauvre… On n’y croit pas une seconde, la faute en plus de cela à des dialogues tout sauf naturels, et qui semblent récités sans aucune conviction. J’ai tout de même pu ressortir trois-quatre bonshommes qui s’en tiraient pas si mal : La colloc’ d’Anastasia, le chauffeur de M. Grey, et puis Mme Carmody (Bon ça c’est son nom dans The Mist de Franck Darabont, mais je crois que le vrai nom de la comédienne est Marcia Harden, j’ai un peu la fainéantise de fouiller sur Wiki alors on va s’en contenter). Ceux-là je les ai bien aimés, notamment Carmody que j’adore et dont la présence m’a beaucoup surpris et enthousiasmé. Je n’ai pas compris par contre certains choix de distribution qui ont consisté à mettre des acteurs moches dans le rôle de personnages beaux. Certes c’est un peu plus réaliste que dans le livre, mais c’est étrange… Ah oui, et le doublage français moisi du bulbe, c’est pas une bonne idée. La voix de Christian Grey, ça m’a fait l’effet que j’ai ressenti quand j’avais remarqué qu’ils avaient modifié la voix de Krusty dans Les Simpson… C’est dire.

91…

Pour finir, je crée une nouvelle catégorie de paragraphe pour ce dossier : Le SEEEXE (Je vois d’ici les pétales dans tes yeux, Kévin). Donc c’est ça les vingt minutes de sexe intense dont tout le monde parlait et que beaucoup ont tenté de censurer ??? Vous voulez cacher ces scènes très gentilles et vous n’avez rien dit pour Le Loup de Wall Street ??? Ouhouh ! Le Loup de Wall Street ! Ce porno de trois heures entrecoupé de quelques minutes de DiCaprio s’adonnant à du porno ! Ça vous dit quelque chose ??? Parce que là purée y’a tellement de contraste que mes yeux brûlent ! Ce qui était présenté comme quelque chose de très hot qui donnerait envie aux femmes de s’amuser avec leur homme après la séance, n’est en réalité qu’un truc très mal foutu, souvent ridicule, et pas sensuel pour un sou. On voit le pubis touffu de Dakota Johnson, on voit le pubis, touffu également, de Jamie Dornan, on voit une paire de seins, on voit des bisous sur un ventre et des cuisses, on voit un visage en larmes parce que le corps qui lui est rattaché est fouetté en hors-champ, et puis… voilà… On voit une fessée aussi.

«- Vous allez me faire l’amour maintenant ?
– Non moi je ne fais pas l’amour, je baise violemment.»

P*tain que ça nous a fait rire tellement c’est mal amené et d’un ridicule qui n’est même pas assumé. Ah ça, ça passait très bien sur le papier, mais partout ailleurs, je dis non.

97… 98… 99… 100% !

Voilà j’ai atteint le degré max de saoulage à force de repenser à cette déception.

Je vais m’arrêter là pour éviter de subir ce «Fist anal» (dixit. Ana), et je vais finalement vous conseiller d’aller le voir, mais seulement si vous n’avez pas lu le livre (Pour éviter la déception), et si vous avez entre 12 et 14 ans (Pour en ressortir tout de même toute émoustillé-e). Pour les autres, vous aurez plus de chance de mouiller votre pantalon devant la romance sexuelle torride entre Jean Gabin et Michèle Morgan dans Le Quai des Brumes que devant cette…

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