Rencontre

INTERVIEW: Jonathan Trullard, un jeune réalisateur passionné.

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Jonathan Trullard, un jeune réalisateur plein d’envie et de passion qui vient de réaliser un  clip remarqué pour le chanteur Tim O’Connor. 

Sur la musique de The Lizard, Jonathan nous livre une certaine vision de la liberté que lui a inspiré la chanson du guitariste irlandais. Il nous a aussi parlé d’Arrête ton cinéma!, une série documentaire sur le thème du cinéma.

Bonjour Jonathan, tu es un jeune auteur qui débute dans le monde de la réalisation, si tu devais te décrire avec 3 adjectifs, lesquels choisirais-tu ?

Maladroit, sentimental, pugnace.

Quel est ton parcours ? As-tu fais des études de cinéma ?

Ma formation est essentiellement littéraire et surtout d’anglais (Khâgne, maîtrise d’Anglais, Licence de Lettres Modernes et PGCE – équivalent britannique du CAPES pour enseigner le français aux britanniques). Puis il y a quatre ans j’ai eu envie de tout arrêter pour faire ce que j’avais toujours eu envie de faire sans jamais m’en donner les moyens : du cinéma. Je suis rentré en France et j’ai fait une Licence de Cinéma (théorique) à Aix-en-Provence. Ma connaissance du cinéma est quasi purement cinéphile, et au final j’ai très peu de connaissances techniques aujourd’hui encore (ce qui est souvent handicapant dans mon dialogue avec les techniciens).

Comment en es-tu arrivé à réaliser le clip de Tim O’Connor ?

En 2013, j’ai recherché pour ma série documentaire « Arrête ton cinéma! » un musicien irlandais pour composer la musique originale. Tim O’Connor m’a contacté, c’est un anglais d’origine irlandaise vivant à Chambéry. Il a fait de nombreuses premières parties comme celles de Moriarty. Nous avions convenu à l’époque qu’au lieu de le payer pour sa musique (« Bird Flying Out of its Cage »), nous ferions un « échange » : un jour je lui ferai un clip sur un de ses futurs morceaux. Il m’a fait écouter « The Lizard » et j’ai choisi cette musique qui m’inspirait beaucoup. Tim m’a donné littéralement carte blanche, nos deux univers sont bien différents et j’ai apprécié que Tim me fasse confiance et ait envie d’associer mon univers au sien autour de cette musique.

Qu’est-ce qui t’as attiré dans ce projet de réalisation de clip ?

C’est justement ça je crois, cette idée d’associer deux univers franchement différents au sein d’un même projet, d’avoir la possibilité de mettre mon imaginaire visuel sur une musique déjà existante de Tim et de pouvoir puiser dans l’inspiration que m’a donné « The Lizard » pour enrichir l’imaginaire qui est le mien, en particulier celui lié au Liouquet, cette petite crique de La Ciotat que j’ai choisi comme décor du film. Et puis plus largement, il y avait quelque chose de vraiment nouveau pour moi sur ce projet car 80% de mon cinéma depuis trois ans se résume à une forme documentaire, du documentaire très verbal en plus, donc pour moi sortir de cette forme de cinéma pour un objectif tout autre, celui de rendre compte de ce que m’inspire une musique et d’écrire une trame narrative sans dialogue, était un vrai challenge et une expérience très excitante.

Jonathan Trullard 2

© Photos: Florent Calvet

Peux-tu nous expliquer de quoi parle la chanson et nous dire ce que tu as voulu raconter avec la vidéo de « The Lizard » ?

La chanson en elle-même est pour moi une mosaïque d’images, celle de l’imaginaire de Tim. Il n’y est pas racontée une « histoire » à proprement parler. Tim présente ce morceau comme étant une musique sur la liberté de l’esprit et sur les liens existants entre les âmes.

La réalisation du clip de Tim O’Connor n’est pas ton premier projet, tu as réalisé une série documentaire sur le cinéma qui s’appelle « Arrête ton cinéma », peux-tu nous en dire plus ?

J’ai commencé à faire du cinéma avec la création de cette série en 2012. La série raconte les errances de jeunes cinéastes en herbe cherchant à faire « leur » cinéma, loin des paillettes et des tapis rouges. Et le titre vient de là : « Arrête ton cinéma Spielberg! », se moquait-on lorsque je disais vouloir faire des films. La scène de fin (temporaire je l’espère) de la série, souligne mon état d’esprit. Cette série n’a quasiment jamais été financée mais elle a bénéficié de l’aide de dizaines d’étudiants bénévoles (techniciens, musiciens, artistes graphistes et dessinateurs). Le projet a été proposé à plusieurs chaînes TV nationales mais sans succès, sans doutes faute de distinction claire de la « case » possible pour ce genre de projet hybride (entre fiction et documentaire). Au final aujourd’hui, je n’ai jamais fait de films avec de réels financements et c’est aujourd’hui ma limite dans mes projets, j’en ai pourtant jamais eu autant à l’esprit.

Quels sont tes futurs projets ? Le court métrage et le long métrage sont des aventures qui te tente ? 

Mon prochain projet est un nouveau clip. Je suis en train de faire le casting des comédiens et de le budgétiser, il se tournera avant l’été. Plus ambitieux que ce dernier en termes de moyens, il s’annonce compliqué en termes d’organisation, j’ai besoin d’aide financière et logistique pour le produire. Mais en effet, le projet sur lequel je rêve actuellement de travailler si je n’avais pas de contraintes financières, ce serait un court-métrage de fiction (mon premier). Ce sera une histoire d’amour et donc, par définition, un thriller. Pour ce qui est d’un long-métrage, je n’en ai ni l’envie ni les moyens actuellement, je pense que la forme du court (ou moyen) métrage est souvent plus intéressante en terme d’indépendance artistique et je n’ai certainement pas envie aujourd’hui de me « castrer » artistiquement en m’engageant dans un projet fait de contraintes et de compromis de production.

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