Critique Film

INFERNO : LES SOLDATS DU FEU : Une journée en enfer… ☆☆☆☆☆

Un DTV désespérant par sa capacité à rater tout ce qu’il entreprend.

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Blockbuster hongkongais d’envergure, salve Inferno : Les soldats du feu symbolise également le retour des frères Pang à la réalisation, suite à l’échec artistique de leur Bangkok Dangerous (avec Nicolas Cage, souvenez-vous…). Mais avec un budget de 20 millions de dollars, une version 3D et le nom des réalisateurs ayant tout de même signé The Eye, pourquoi ce nouveau long-métrage ne perce dans notre cher hexagone qu’au travers du marché vidéo ? Et bien tout simplement, parce que c’est mauvais, vraiment très mauvais !

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En réalité, il reflète principalement les regrets des deux cinéastes face à leur mauvaise passe hollywoodienne, et qui auraient décidé de se refaire une fois de retour au bercail, pour prouver aux Américains ce qu’ils ont dans le ventre. Film catastrophe sous hautes influences, Inferno se concentre ainsi sur un énième building, sempiternelle métaphore d’une vanité humaine destinée à rappeler le mythe de la tour de Babel quand le bâtiment se met à prendre feu. Des milliers de personnes se retrouvent alors prises au piège, avec pour seul secours les pompiers de la ville… La fratrie a certes des références, de La Tour infernale à Die Hard, mais elle les exploite avec une incompréhension gênante de leur sens. Tout n’est ici que prétexte à une pétarade d’effets spéciaux d’une infâme laideur, sans recherche de mise en scène autour du ressenti du spectateur. Pourtant, son décor vertigineux et piège était une aubaine, capable de transmettre une sentiment de claustrophobie malgré l’immensité de l’immeuble. Malheureusement, Danny et Oxide Pang ne sont pas John McTiernan, et préfèrent se ranger du côté des plus grosses putasseries indigestes de Roland Emmerich (c’est dire !).

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On pourrait dès lors espérer que la médiocrité du long-métrage dévoile en son cœur un délicieux nanar, qui nous permettrait au moins, si la tension n’est pas au rendez-vous, de rire. Mais Inferno demeure simplement exaspérant et interminable de la première à la dernière minute, la faute à un scénario plombé des plus gros clichés de l’histoire du cinéma catastrophe, ainsi que de personnages aussi plats que Jane Birkin, et aux motivations toutes plus inintéressantes les unes que les autres. Pire encore, le film devient véritablement malhonnête quand il se transforme de plein gré en spot de promotion pour les soldats du feu. Ralentis, musique tonitruante, les frères Pang utilisent toutes les ficelles à leur disposition pour « magnifier » les pompiers, laissant même supposer que le gouvernement hongkongais ait pu les financer pour mettre en avant la formidable discipline de ce système (car la discipline, ça les connaît!). La lâcheté et l’égoïsme n’ont pas leur place dans une telle situation de danger, sanctionnant de manière quasi-divine les salauds du récit par une chute mortelle ou une tombée de poutre enflammée sur la gueule. Nauséabond en plus d’être ennuyeux, Inferno possède au moins le mérite de faire relativiser la nullité de nombreux DTV, qui parviennent à réussir avec moins d’argent, et moins de premier degré.

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