Critique Série

FIGHT DE SÉRIES : Sherlock vs Elementary

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La 86ème Cérémonie des Oscars a eu lieu dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 mars. Elle était présentée par Ellen DeGeneres, help la présentatrice de « The Ellen Show ». Cette soirée fut pleine de surprises, order hormis pour les récompenses.

Pour les plus pressés, for sale un résumé en images magnifiquement réalisé :

On a donc pu voir :

Pharrell Williams faisant danser Lupita Nyong’o et Meryl Streep sur son « Happy »

Une distribution surprise de pizzas en pleine cérémonie

pizza time

Et pour finir, le selfie le plus retweeté au monde avec le plus grand nombre d’acteurs au centimètre carré :

retweet record par Ellen DeGeneres

Bon, ceci étant dit : passons aux choses sérieuses. 

Ont été nommés dans la catégorie :

Meilleur film : 12 Years a Slave

En toute honnêteté, il le mérite, mais j’aurais bien vu Le Loup de Wall Street à la place. Véritable coup de cœur et révélation de ces fêtes de fin d’année.

Meilleur réalisateur : Alfonso Cuarón, Gravity

Hmmm, le film qu’il a réalisé est beau (superbe pour certains), résultat de quatre ans et demi de labeur et d’acharnement : Cuarón le mérite donc. Steve McQueen pour 12 Years a Slave pouvait cependant largement prétendre au titre.

Meilleur acteur : Matthew McConaughey, Dallas Buyers Club

Heureusement que c’est un ami de Léonardo DiCaprio…

Oui, oui, oui, trois fois oui. Pourquoi ? Parce que cet acteur mérite cet Oscar plus que quiconque, hormis DiCaprio. Ok j’arrête. Révélé au grand public avec le film La Défense Lincoln (Brad Furman), il n’a dès lors cessé d’enchaîner les rôles à succès : Magic Mike (Steven Soderbergh), Killer Joe (William Friedkin), Paper Boy (Lee Daniels), Mud : Sur les rives du Mississippi (Jeff Nichols) et pour finir Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese et Dallas Bayers Club de Jean-Marc Vallée !

Le fait que les prochains réalisateurs ayant fait appel à lui soient Christopher Nolan pour Interstellar et Gus Van Sant pour Sea of Trees, me permet d’affirmer que nous n’avons pas terminé d’entendre parler de lui.

Meilleur actrice : Cate Blanchett, Blue Jasmine

Entièrement d’accord, sa performance dans Blue Jasmine de Woody Allen était des plus marquantes. Son personnage, jamais manichéen, manifestait la complexité de la nature humaine dans un subtil glissement intérieur vers sa propre folie, son propre mensonge.

Meilleur acteur dans un second rôle : Jared Leto, Dallas Buyers Club

A ma connaissance, Jared Leto est le seul acteur capable d’arrêter le cinéma pendant 4 ans (depuis Mr. Nobody de Jaco van Dormael) et de revenir dans un film tourné en 25 jours pour décrocher un Golden Globe et un Oscar.

Meilleure actrice dans un second rôle : Lupita Nyong’o, 12 Years a Slave

86th Annual Academy Awards - Backstage

Jennifer Lawrence veut l’Oscar de Lupita Nyong’o 😉

Oui ! Non seulement elle était plus que convaincante dans le rôle de Patsey pour 12 Years a Slave (elle est aussi à l’affiche du film Non-Stop avec Liam Neeson actuellement en salles), mais de plus elle évite à Jennifer Lawrence de trébucher devant tout le monde en montant récupérer son potentiel Oscar.

Ah bah nan, finalement elle a réussi à le refaire cette année.

2013

Oscars 2013 : Jennifer Lawrence chute en allant récupérer son Oscar

oscars 2014

Oscars 2014 : Jennifer Lawrence chute (encore) sur le tapis rouge

Meilleur scénario adapté : 12 Years a Slave

Et Philomena alors ?

Meilleur scénario original : Her

Difficile d’en juger puisqu’il sort le 19 mars en France, pourtant le film de Spike Jonze s’annonce sous les meilleurs augures.

Meilleure chanson originale : Let it Go, La reine des Neiges

Pourquoi pas « Happy » pour Moi, Moche et Méchant 2 ? Ça n’a pas empêché Pharrel Williams de faire son show, tant mieux.

Meilleur film en langue étrangère : La Grande Bellezza

Ils le méritaient tous à mon humble avis (dur système qu’est la compétition…). Pourtant, j’aurais bien vu Alabama Monroe ou La Chasse (avec Mads Mikelsen – Hannibal dans la série du même nom, pour ceux qui ne le connaîtraient pas-), deux coups de cœur à voir absolument.

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Meilleur Film d’animation : La Reine des neiges

D’accord, sans plus.

Meilleur film documentaire :  20 feet from Stardom

Mérité.

Meilleur court-métrage documentaire : The Lady in Number 6 : Music saved My Life

Je ne l’ai pas vu, faisons confiance à l’Académie pour une fois.

Meilleurs costumes : Gatsby Le Magnifique

Gros travail sur les costumes, comme dans chaque film de Baz Luhrmann : mérité.

Meilleur montage : Gravity

Entièrement d’accord. 12 Years a Slave le méritait également, l’Académie a tranché.

Meilleur maquillage : Dallas Buyers Club

En même temps, à côté de Bad Grandpa et The Lone Ranger, existait-il une véritable compétition ?

Meilleure bande originale : Steven Price, Gravity

Là aussi, le travail de Steven Price est remarquable (voir les bonus du Blu-Ray de Gravity). Toute la tension du film passe par sa musique, qui sait se faire discrète quand il le faut.

A noter : Aucune percussion n’est utilisée, afin de créer une ambiance particulière. Les sons « dérangeants » et aigus entendus par moments, sont réalisés à l’aide de coupes en verre, chacune remplie à différents niveaux et sur la bordure desquelles un musicien passait son doigt humecté avec de l’eau (Méthode ancestrale pratiquée lors des repas de famille ennuyeux).

Meilleur court-métrage d’animation : Mr. Hublot

Oui ! Une coproduction franco-luxembourgeoise, pour un film de 11 minutes qui a coûté la modique somme de 250 000 € de budget. Et le voici, pour ceux qui souhaitent le regarder, merci ARTE (et Quentin D. pour le lien) :

Meilleur court-métrage : Helium

Pas vu, désolé. On va partir du principe que l’Académie a vu juste.

Meilleur montage de son : Gravity

Oui,  le montage de son est remarquable, mais Du Sang et des Larmes n’était pas mal non plus… Je chipote.

Meilleur Mixage : Gravity

Mérité, mais j’aurais également hésité avec Du Sang et des Larmes ou Inside Llewyn Davis.

Meilleurs effets spéciaux : Gravity

Ok, le travail derrière ce film est dingue.

Même si les techniques utilisées ont rebuté Robert Downey Jr., qui s’est trouvé contraint de refuser le rôle (repris par Clooney) car il ne lui aurait pas été permis d’improviser ses scènes comme à son habitude sur un tournage “classique”. En effet, les acteurs n’avait que leur visage comme moyen d’expression dans leur jeu. On a du mal à imaginer Robert Downey Jr. dans le rôle…

Meilleur Photographie : Gravity

Prisoners était sympa, vraiment, mais qui pouvait rivaliser avec la photo’ de Gravity cette année ?

Meilleurs décors : Gatsby Le Magnifique

Encore une fois (après les costumes) : Baz Luhrmann. Les décors (bien que majoritairement numériques) dégagent une splendeur qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Gravity était également nommé dans cette catégorie, mais j’ai du mal à comprendre pourquoi… Pour le coup, tout le film est réalisé en images de synthèse. Seul le visage des acteurs est vrai (même le nez de Sandra Bullock… Ah non, autant pour moi).

Au final, aucune grosse surprise du point de vue des récompenses.

Ellen DeGeneres a su tenir un show incroyable, pleine d’humour elle s’est donnée à 300%.

On dira ce qu’on voudra, les américains ont un véritable don pour gérer un événement.

A noter : Ils étaient tous les deux favoris des internautes dans la course aux Oscars : American Bluff/Hustle et Le Loup de Wall Street repartent les mains vides. Dommage pour le deuxième. 

Le Cinéphile Anonyme (@CinephilAnonyme)

A ma gauche : Sherlock, website dans lequel le détective (interprété par Benedict Cumberbatch) évolue à Londres de nos jours et consulte pour Scotland Yard avec l’aide de son colloc’ et collègue, check John Watson (Martin Freeman), viagra 60mg
médecin fraichement revenu d’Afghanistan.

 A ma droite : Elementary, où Sherlock (John Lee Miller) est toujours britannique et vit toujours à notre époque mais s’est exilé à New York, après une cure de desintox’. Il se lie d’amitié et consulte pour la NYPD avec celle qui l’empêche de replonger dans la drogue : Joan Watson (Lucy Liu), une ancienne chirurgienne.

 Round 1 :

Une adaptation nécessite toujours quelques ajustements, ici, en l’occurrence un changement de décor et un changement de sexe pour le Dr Watson. Le problème c’est qu’il n’y a pas que ça, qui dit adaptation américaine dit aussi changement de format. Et c’est là (et donc, dès le début) que le bât blesse. Sherlock est un petit bijou télévisuel, 3 saisons toutes composées de 3 épisodes de près d’une heure et demie chacun, cette « série » tient en fait plus du téléfilm, un format très britannique (et ça n’a rien à voir avec le nombre de tasses de thé consommé par épisode, je vous vois venir…). Le créateur d’Elementary (Robert Doherty) a pris ce format un peu original (du moins pour les non-initiés aux séries de la BBC) et l’a transformé assez rapidement en série policière plus classique (voir fadasse) dont le style fait penser aux fameux « procedurals » qui envahissent nos programmes TV. Elementary, c’est déjà une saison (la deuxième est en cours de diffusion aux Etats-Unis) avec 24 épisodes d’une durée moyenne (40 minutes) et un résultat tout aussi moyen.

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Round 2 :

Si elle perd en originalité, l’adaptation américaine perd aussi en clarté. Avec Sherlock, on prend son temps : chaque enquête est unique et le cerveau du détective a beau aller à toute allure, le spectateur, lui, a le temps d’apprécier un scénario aux petits oignons, partagé entre l’enquête policière et l’amitié particulière qu’entretiennent les deux personnages principaux. Elementary met aussi en place cet équilibre mais celui-ci reste néanmoins plus instable. Le spectateur est bousculé, le Sherlock Holmes américain enchaîne les affaires presque trop vite, l’enquête principale à peine terminée, une autre est déjà entamée alors que l’épisode n’est pas encore fini.

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Round 3 :

En plus d’être originale, la série de la BBC est, assez paradoxalement, traditionnelle, et c’est sans doute cet aspect qui ravi les fans les plus puristes. Steven Moffat et Mark Gatiss, les créateurs de Sherlock, ne font pas qu’emprunter le nom du personnage principal de Conan Doyle, mais lui emprunte aussi ses enquêtes, poussant le vice jusqu’à adapter les titres des livres dans les titres de leurs épisodes (le livre Une étude en rouge devient « Une étude en rose » pour le premier épisode de la saison 1. De même, ils reprennent l’intrigue et le titre du Chien des Baskerville et de La Chute de Reichenbach pour les épisodes 2 et 3 de la deuxième saison).Une attention qui passe rapidement à la trappe en ce qui concerne Elementary. Le Sherlock Holmes d’outre-Atlantique rejoint la longue liste des consultants rebelles et grincheux de la télévision américaine, sa seule originalité reposant sur son impressionnante culture générale et son accent britannique.

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Round 4 :

On aimerait bien admirer les quelques tentatives d’originalité des scénaristes américains, comme la féminisation du Dr Watson par exemple. Mais ça tourne rapidement au grand n’importe quoi (ALERTE SPOILER 🙂 lorsqu’on apprend que Moriarty est, lui (ou plutôt elle) aussi, une femme. Le seul aspect qui reste véritablement intéressant de cette version américanisée des aventures du célèbre détective est sans aucun doute la relation entre Holmes et Watson. Après l’annonce du changement de sexe de Watson pour la télévision américaine, on voyait s’annoncer l’ébauche d’une catastrophe avec une possible relation sentimentale entre les deux personnages. Mais non, ça ne fricote pas (et c’est très bien comme ça). Lucy Liu est parfaite dans le rôle de Watson, posée et patiente, elle subit sans broncher (ou presque) les intrusions incessantes de Sherlock dans sa vie privée. John Lee Miller, quant à lui campe un Sherlock plus addict de sociopathe, manipulateur mais néanmoins charmeur.

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*Il semblerait que la roue soit en train de tourner, finalement

Avec 1 point pour la version US et 3 pour la version british, Elementary ou Sherlock ; le choix est vite fait. Cependant, pas de KO à la fin du match et si les fans de Sherlock seront certainement déçus par l’adaptation américaine, celle-ci reste néanmoins une série correcte et agréable à regarder. Il faut bien se mettre quelque chose sous la dent en attendant l’arrivée de la 4ème saison de Sherlock après tout…

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