Critique Série

CRITIQUE SÉRIE : Orange is the New Black

Imaginez qu’une de vos erreurs de jeunesse vous rattrape. Imaginez qu’une de vos ex vous balance à la justice après 10 ans de silence radio. Imaginez devoir quitter votre vie bien rangée pour passer 18 mois en prison…

Il y a une dizaine d’année, information pills la jolie et fraîchement diplômée Piper Chapman (Taylor Schilling) entame une relation sentimentale avec Alex (Laura Prepon – qui incarne à merveille ce personnage légèrement effrayant), une jeune femme qui s’avère être au cœur d’un trafic de drogue. La relation amoureuse se transforme occasionnellement en collaboration professionnelle lorsque Piper aide Alex à transporter des fonds d’un pays à l’autre. Dix ans plus tard, Piper a UN fiancé, des projets et une vie de rêve… tout du moins jusqu’à ce qu’Alex se fasse épingler et la dénonce à la justice. Bienvenue au centre pénitentiaire pour femmes de Litchfield, dans l’état de New York.

Le pitch n’est, en soi, pas exactement original : un personnage bien sous tous rapports se retrouve propulsé dans le monde carcéral où il doit trouver sa place tant bien que mal. On se souvient, entre autres, de Michael Scofield dans la série Prison Break. Oui, mais cette fois, le point de vue est celui d’une femme dans une prison pour femmes. Les intrigues et les priorités des détenues sont donc différentes. Mais ne vous méprenez pas, malgré un titre qui fait très magazine féminin (ndlr pour les non-initiés: le noir est LA couleur universelle qui ne se démode jamais, et ici, le orange, qui fait référence aux tenues des prisonniers aux Etats-Unis, est le nouveau noir), les aventures de Piper en prison n’ont rien de très girly. L’intrigue se déroule néanmoins dans une prison de sécurité minimale, comme les matons le font remarquer à Piper lors de son arrivée, la violence est moins physique que psychologique. Ainsi, Piper se fait aimablement bizuter lors des premiers épisodes (privée de nourriture par la détenue qui s’occupe de la cafétéria par exemple) avant de prendre un peu plus d’assurance et de s’intégrer tant bien que mal à cet environnement hostile.

orange is the new black affiche

L’une des forces de la série est l’omniscience du spectateur. Si l’intrigue se concentre sur ce qu’il se passe à l’intérieur de la prison, on nous offre aussi un aperçu de l’administration carcérale. Mais l’œil du spectateur s’égare par la même occasion à l’extérieur de la prison, chez le fiancé opportuniste de Piper par exemple, et surtout dans le passé des personnages secondaires grâce à de très nombreux flashbacks qui ponctuent tous les épisodes. La population de la prison et la multitude de personnages qu’elle renferme est sans aucun doute l’aspect le plus intéressant de la série. Admettons-le, les yeux de chiens battus de Piper deviennent rapidement lassants et ses gaffes incessantes agacent assez rapidement. On préfère de loin l’ancienne baronne de la pègre russe (Red interprétée par Kate Mulgrew) ou encore l’admiratrice un peu collante (et un peu tarée) qui veut faire de Piper sa femme (Crazy Eyes interprétée par Uzo Aduba). Le spectateur veut en savoir plus sur leurs passés, leurs amours, et surtout le crime qui les a conduit à passer du temps derrière les barreaux. La psychologie très travaillée des personnages fait donc oublier Piper assez facilement.

Le huit-clos quasi-constant et l’univers dans lequel évoluent les personnages permet de construire de nombreuses tensions qui rendent l’univers de cette série étonnamment étouffant et absolument passionnant. Piper doit en effet apprendre à vivre mais surtout à survivre dans les couloirs de la prison où elle détonne. Cette WASP (ndlr : white anglo-saxon protestant, la partie de la population considérée comme étant la classe la plus riche et la plus cultivée outre-Atlantique) issue de la petite bourgeoisie américaine doit dire adieu à son confort, ses brunchs du dimanche et son régime végétalien pour s’adapter à ses nouvelles colocs. Ce choc des cultures est un ressort comique récurent mais la créatrice de la série (Jenji Kohan) n’en reste pas là et transforme souvent des situations à la base comique en réflexions plus profondes sur la société américaine, comme le faisait l’œuvre à l’origine de la série (un mémoire sur l’expérience carcérale d’une certaine Piper). Ainsi, racisme et homophobie (ou plutôt lesbophobie dans cette prison pour femmes), qui font partie à part entière du quotidien des détenues, sont traités de façon totalement politiquement incorrecte avec humour, mais aussi, parfois, avec gravité.

A l’image du générique – une succession de gros plans des visages des détenues – Orange is the New Black est avant tout une série humaine et une fable sociale douce-amère sur l’Amérique d’aujourd’hui.

Orange is the new black OITNB saison 2 le 6 juin 2014

La série revient pour une saison 2 le 6 juin 2014

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