Critique DVD/BLU-RAY

MOMMY, même en DVD ce film nous laisse sans voix ★★★★☆

de Xavier Dolan. Sortie DVD et Blu-Ray le 19 mars 2015.

        Steve est un adolescent compliqué, coléreux, parfois hystérique. Lorsque sa mère, Diane, vient le chercher alors qu’il se fait virer du centre fermé dans lequel il était placé, la vie commune commence.

Pilon-Mommy (1)

Entre petits boulots et démerde pour Diane, crises d’hystérie, initiatives foireuses et glande pour Steve, le quotidien est explosif. L’équilibre semble néanmoins naître lorsque leur voisine, Kyla, entre dans leur vie. Un équilibre à trois, rare au cinéma.

         Ce qui frappe d’abord dans Mommy, c’est le format de l’image. Xavier Dolan utilise un format original de 1 :1. L’image est donc carrée et resserrée. Le réalisateur prend le parti de remplir le cadre constamment et presque entièrement avec ses acteurs. Le champ laisse peu de place aux décors, aux alentours, qui se retrouvent coincés hors du cadre, dans notre imaginaire. Dolan nous balance cette histoire passionnelle et conflictuelle en pleine figure. Littéralement car l’image fourmille de gros plans. Quand le moindre objet, élément de décor ou une simple épaule pénètre dans le cadre, il ressert le plan sur le personnage au centre de l’image. Comme une loupe posée sur la pellicule. Le film est ainsi bourrés de détails, du porte-clés fétiche aux ongles peints. La caméra colle aux acteurs. Le jeune cinéaste canadien extirpe d’eux ce qu’il veut, les pousse dans leur sensibilité la plus extrême et la plus fine. Il émane de Mommy une grande force et une sincérité bouleversante, qui proviennent en grande partie du jeu d’Antoine-Olivier Pilon (Steve), instinctif et violent, presque animal. Ses partenaires, Anne Dorval (Diane) et Suzanne Clément (Kyla) sont admirables et entourent parfaitement le personnage de Steve, entre douceur et passion.

         Le temps d’une séquence, le format de l’image s’élargit, pour nous livrer une bouffée de liberté, parfaitement intercalée dans le scénario. Elle produit son effet, on est bluffé par le changement d’échelle tout comme par la chute de la séquence. Elle permet aussi de voir ce qu’aurait été l’image si Dolan avait tourné dans ce format. Et la conclusion s’impose : on n’aurait sûrement pas vu le même film ! Le format carré, encore plus après cet échantillon comparatif, est parfait pour le sujet et la force de Mommy.

         Qu’on adhère ou pas au propos, la forme laisse sans voix, nous scotche au siège, abasourdi quand le générique de fin surgit.

 La Cinéphile Éclectique (http://carnetscritiques.over-blog.com/)

VOUS POUVEZ EGALEMENT :

regarder les autres films sur l’homosexualité

– ou deviner quel sera l’équivalent de MOMMY en 2015 ?

N'hésite pas à me laisser un commentaire !


Comments

Ta dose de ciné quotidienne !

Les nouveaux YouTubeurs à regarder !

L’INFAUX CINÉ, LA VRAIE !

Copyright © 2015 The Mag Theme. Theme by MVP Themes, powered by Wordpress.

To Top