Critique Film

CONTRE CRITIQUE : Le Hobbit, la bataille des 5 armées ★★☆☆☆

Le dernier film de Peter Jackson divise le public. A la rédac aussi les avis sont partagés. C’est l’occasion rêvée de lancer notre première CONTRE CRITIQUE !

hobbit cover site contre critique

     Faire plus de 7h30 de film avec un livre de 400 pages, voilà le pari risqué et définitivement perdu de Peter Jackson. C’est le dernier chapitre de la quête de Bilbo le Hobbit, et de la Compagnie des Nains, venus dans la Montagne solitaire affronter Smaug le dragon, gardien d’un gigantesque trésor. Dans le troisième volet de la trilogie adaptée du Hobbit (J.R.R. Tolkien, 1937) , on assiste au combat final entre des hommes, des orques, des nains, des elfes, un dragon et autres animaux pour s’emparer de la Montagne solitaire.

     Peter Jackson a cru bon d’ajouter au récit originel des extraits du Silmarillon, sorte de Génèse de la Terre du Milieu. Son ambition est dans ce film de finir Le Hobbit, de combler certaines ellipses du livre, mais aussi de préparer la transition avec le Seigneur des Anneaux. Si certains aspects sont réussis, comme l’alliance entre Galadriel, Elrond et Gandalf contre les forces du mal, expliquant pourquoi Sauron ne retrouve pas son pouvoir et sa force plus tôt, d’autres le sont beaucoup moins. Le film est truffé de scènes inutiles et lourdes, souvent en lien avec des rajouts maladroits à l’histoire originale (l’elfe Tauriel, l’intendant Alfrid…). Les dialogues parfois trop larmoyants produisent l’effet inverse de celui escompté (ah, le « You make me feel alive » de Kili !) et beaucoup de séquences traînent en longueur. Le réalisateur néo-zélandais avait montré tant de rigueur et de maîtrise dans Le Seigneur des Anneaux,  la première trilogie qu’il avait réalisée, qu’on est déçus mais surtout frustrés et tristes de le voir s’empêtrer dans ce récit, pourtant léger et palpitant.

     Martin Freeman (Bilbo) y croit, heureusement, mais est relégué au second plan, comme son personnage, beaucoup moins important que dans le livre.  Richard Armitage qui interprète Thorïn, le roi Nain, est quant à lui assez faible, et certaines de ses répliques font rire. Le sérieux qui se dégage des mots qu’il prononce, appuyé par la mise en scène pesante, ne fonctionne pas.  Enfin, on se demande parfois si Orlando Bloom (Legolas) a vraiment tourné le film ou s’il est fait d’images de synthèse, tant ses yeux sont surnaturels et son jeu mécanique.

     Alors qu’on était sans cesse entraînés dans Le Seigneur des Anneaux, ce film manque de rythme et de répliques sobres. Le Hobbit : La bataille des cinq armées aurait mérité une grosse demi-heure de moins. On veut souvent trop en faire en ajoutant des ralentis, des plans trop serrés ou en insérant des répliques censées détendre l’atmosphère, mais qui tombent malheureusement au mauvais moment. La bataille des cinq armées dure, dure…. On est ravis de voir des Trolls et autres créatures inédites à l’écran, mais le combat est loin d’avoir l’attrait et l’intensité du Gouffre de Helm ! Bref, Bilbo Le Hobbit appelait une adaptation d’une grande sobriété, sans fioritures. Ce qui est certain, c’est que les films ne donnent pas envie aux spectateurs n’ayant pas lu le récit de Tolkien de découvrir ce livre, ce qui est dommage ! Il mérite d’être lu, encore plus après cette adaptation cinématographique !

La Cinéphile Éclectique (http://carnetscritiques.over-blog.com/)

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