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CANNES 2017 : Journal de bord #8

Entre navets et chefs-d’œuvre, Le Cinéphile Cinévore passe aujourd’hui par un spectre d’émotions varié.

Jeudi 25 mai 2017.

6h15. Le réveil devient de plus en plus difficile à entendre mais je me lève malgré tout. Je veux profiter au maximum, tant le festival semble approcher de sa fin à une vitesse folle. La journée commence donc par la compétition avec une curiosité : un film de braquage à l’humour décalé avec Robert Pattinson. Ce concept, à lui seul alléchant, a permis à Good Time des frères Safdie de se faire une place de choix dans le cœur des festivaliers, ne serait-ce que pour la performance à contre-emploi de l’acteur de Twilight, qui porte ce projet assez loufoque sur ses épaules. Si l’on pourra reprocher au métrage quelques détours un peu vains et l’abandon de certains arcs en cours de route (notamment en ce qui concerne le frère handicapé du héros), les cinéastes font preuve d’un réel savoir-faire (la photographie et la géniale BO électro rappellent Michael Mann et Nicolas Winding Refn) pour mieux détourner nos attentes du genre. Sans être une révolution, l’ensemble s’avère plaisant et plutôt rafraîchissant au sein de la sélection, soit tout l’inverse de l’autre film en compétition : Une femme douce de Sergei Loznitsa. Pensé comme une virée onirique dans les affres de la société ukrainienne et de son administration, il est l’exemple typique du produit auteurisant stérile qui étale sa science pour combler son vide abyssal. Prétentieux et d’une froideur qui empêche toute empathie, le métrage sombre dans le besoin de constamment surexpliquer son maigre propos, ne faisant jamais confiance au pouvoir d’une mise en scène par moments très soignée. Chaque compétition nécessite son navet infâme, qui offre la possibilité de relativiser les autres œuvres visionnées. Je l’ai trouvée.

Heureusement, j’ai pu me rattraper en assistant à une séance qui me tient particulièrement à cœur : la projection du nouveau documentaire de Raymond Depardon : 12 jours. Traitant de la rencontre entre juges et patients internés de force, pour s’assurer que leur entrée s’est faite selon la loi. Toujours aussi subtil et pudique dans son approche du documentaire, Depardon puise de ces entretiens une humanité sincère, bouleversante sans jamais être complaisante, et délivre par un hors-champ dévastateur des projets d’avenir compromis. Les patients comme le système judiciaire sont mis face à leur limites, et nous interrogent tout en nous sensibilisant à un pan de la société souvent réduit à la caricature. Un tour de force qui confirme le génie d’un réalisateur qui se pose encore d’excellentes questions sur l’approche de la caméra dans un milieu réel.

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