Critique Film

BLANK : Lutter contre le syndrome de la page blanche ★★★★★

Angoissant et étouffant, Blank est un court-métrage ambitieux et plein de potentiel.

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Tout le défi avec un court-métrage est de raconter une histoire intéressante et captivante en allant à l’essentiel. C’est ce qu’arrive à faire Sébastien Berna avec Blank en suivant d’Octave Miller (Simon Hubert), un écrivain en manque d’inspiration qui découvre une machine à écrire lui conférant un talent insoupçonné jusqu’à alors. Malheureusement, il se rend compte très rapidement que son état physique se dégrade au fur et à mesure qu’il continue à écrire. Un choix s’impose à lui alors : arrêter avec le risque de ne pas être reconnu dans le monde de l’édition ou continuer mais changer de manière irréversible. Sébastien Berna arrive ainsi à plonger très rapidement le spectateur dans l’action. Lorsque Blank se termine, le spectateur est surpris de voir qu’il vient d’assister à un court-métrage de trente minutes.

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La mise en scène de Sébastien Berna est de cette manière très efficace, notamment par l’utilisation du fondu au noir totalement pensée pour être intégrée à l’ensemble. Il parvient ainsi à coincer le spectateur dans le même rythme de vie que celui d’Octave Miller, rythme de vie monotone et répétitif. La répétition des plans (quasi-identiques) renforce l’aspect morose et oppressant de son quotidien, se coinçant lui-même dans ses propres mécaniques. Même lorsqu’un personnage extérieur (Lucy Caron jouée par Laure Maloisel) tente d’intervenir, Octave préfère rester dans la situation dans laquelle il se trouve, aussi défavorable soit-elle. L’utilisation de la musique en parallèle du bruit des touches de la machine à écrire rend le tout menaçant et résonne de plus en plus dans la tête du spectateur au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue. Cette très bonne mise en scène s’accompagne d’un excellent jeu de tous les acteurs de Blank.

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Le rôle de l’éditeur, Auric Kaplan (Philippe Risler), s’intéressant au travail d’Octave, est également fondamental. En effet, sa présence n’est seulement perceptible pour le spectateur que par le biais d’un combiné téléphonique, tout comme pour le personnage principal. Cette voix n’est pas simplement et seulement une voix mais bien un personnage à part entière. Le fait d’enregistrer la voix de Philipe Risler et de Simon Hubert simultanément au tournage donne une réelle intensité à l’échange des deux personnages et on se rend compte à quel point Auric Kaplan devient un être omniprésent dans la vie d’Octave. Tout comme la voix de Kaplan, la machine à écrire est aussi « un personnage » à part entière, dès les premières minutes où elle apparaît à l’écran. En effet, elle a le droit à son propre plan, alors qu’Octave, hors champ, réfléchit à quoi faire. Elle hypnotise aussi bien le spectateur qu’Octave, même si elle devient l’objet de sa propre destruction. Cette destruction ou plutôt cette dégradation physique est remarquablement bien réalisée grâce au travail du maquilleur d’effets spéciaux, David Scherer, sur les couleurs et l’application des prothèses, faisant définitivement de Blank un court-métrage au potentiel sublimé par ses atouts techniques.

Réalisé par Sébastien Berna avec Simon Hubert, Laure Maloisel, Philipe Risler, André Lamorthe et Olivier Claverie.

 

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