Critique Film

9 MOIS FERME : Dupontel entre humour et humour noir ★★★★★

d’Albert Dupontel

Sorti le 16 octobre 2013.

          En voyant l’hilarante bande-annonce du film, store on craignait d’avoir vu le meilleur de 9 Mois ferme avant même de le découvrir. Mais Albert Dupontel signe là certainement son meilleur film, page dans lequel il nous propose un mélange de scènes désopilantes, there alliées à une poésie et un humour qu’on lui avait rarement vus. Tout en gardant la provocation, quelques scènes gores et les personnages décalés ou marginaux qu’on lui connaît bien (Bernie ou Enfermé dehors), le réalisateur assume la sensibilité, la finesse et l’intelligence qui semblent le caractériser.

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            Albert Dupontel interprète un personnage sincère et plutôt gentil, qui travaille dur dans l’industrie du cambriolage (mais, détail troublant, mange les yeux de sa dernière « victime »), moins marginal que dans ces précédents films, et donc plus attachant. Il ne fait plus dans la provocation excessive. Le ton, qui pourrait rester pessimiste (il est tout de même question de grossesse non désirée, de meurtre sordide et d’une femme célibataire dont la vie ne semble remplie que par son travail) s’allège et la mise en scène se concentre au fur et à mesure sur la relation entre deux individus que rien n’aurait sûrement pu rassembler. Sandrine Kimberlain campe une juge célibataire, coincée, qui se retrouve « engrossée » à la suite d’une nuit de beuverie (la seule de sa vie ?). Tantôt désespérée, hystérique, ou ironique, elle passe par tous les états que sa grossesse génère et que la situation induit. On la savait virtuose dans les drames, mais ici, elle dépasse toutes les attentes et livre une prestation incroyable. Le duo qu’elle forme avec Dupontel marche parfaitement: tout les oppose, le physique, les repères socioculturels, et pourtant, chacun s’adoucit au contact de l’autre, les répliques fusent, les dialogues écrits au couteau fonctionnent, parfois comme une volée de bois vert, et il y a beaucoup de rythme dans leurs échanges.

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            Tout au long du film, on utilise différents types d’images, diversifiant ainsi le grain, l’aspect, le son. Images de télésurveillance ou filmées au caméscope, loupe grossissante sur le visage déjà très inquiétant de Philippe Duquesne, les techniques employées participent toujours à rendre l’image proche, au sens propre comme au figuré, en nous projetant dans le film: nous sommes comme Bouli Lanners, en train de regarder les images des caméras vidéos lors de la nuit de « fécondation ». Cette dernière séquence est d’ailleurs remarquable, car la compression des bandes de surveillances incluant une cadence moins élevée que celle d’un film de cinéma moderne, les images sont en léger accéléré et sans son. On y voit, avec les couleurs pâles de la vidéosurveillance, Bob Nolan (Albert Dupontel) et Ariane (Sandrine Kimberlain), dans des positions pour le moins osées, filmés comme au temps du cinéma muet, entre Buster Keaton et Charlie Chaplin. La séquence est burlesque, décalée et ingénieuse. Tout le film est profondément drôle, construit, toujours dans une légèreté poétique, bourré de cadrages originaux et en constante recherche. Il y a de rythme, le temps passe vite, le film est court et rien n’est à jeter. De quoi nous soulager de tous ces films de plus de deux heures qui tirent en longueur et s’essoufflent.

            On notera enfin quelques participations exceptionnelles , notamment de Terry Gilliam, qui peut se rassurer en ayant trouvé en Dupontel un digne descendant des Monty Python, ou encore de Jean Dujardin en traducteur de langue des signes : les interprètes apprécieront ses traductions désopilantes, qui s’ajoutent à l’humour constant du film. On rit. 9 mois ferme nous fait du bien. Allez-y !

La Cinéphile Eclectique    http://carnetscritiques.over-blog.com/

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